Éducation : un duo gagnant

Publié le 28/11/2017
Éducation : un duo gagnant
 

Hugo, 18 ans, a décroché son bac pro en juillet dernier et prépare désormais un BTS technico-commercial, à Épinal. Dominique, bénévole au Secours Catholique, l’a accompagné pendant sept ans. Rencontre avec un duo gagnant.

Dominique, son truc, c’est les maths. Alors pour les grands discours ou le badinage, il faudra repasser. Avec Hugo, ils se sont plutôt bien trouvés. Entre eux, pas de risque d’effusions, mais beaucoup de respect.

Grand brun sportif aux yeux clairs, de nature réservée et un brin nonchalante, le jeune majeur donne poliment du « monsieur Bauman » au bénévole du Secours Catholique qui l’a accompagné pendant sept ans.

Ils ne s’étaient pas revus depuis qu’Hugo a franchi une première étape dans sa vie de jeune adulte. En juillet dernier, il a obtenu son bac pro gestion – administration avec la mention assez bien.

« Hugo m’a appelé très vite pour m’annoncer la bonne nouvelle, raconte Dominique. Il était très content évidemment… et avec mention en plus ! »

Le jeune homme l’avait contacté deux jours avant les épreuves, un peu paniqué. « Il n’avait pas pigé certains trucs, se souvient Dominique. Je me suis dit qu’il était mal parti ! »

Mais le candidat a assuré la moyenne en maths, et un peu plus dans presque toutes les autres matières. « Quand j’ai dit à mère que j’aurais une mention, elle m’a répondu : aie déjà le bac, ce sera bien ! », se réjouit Hugo.

 

C’était pas un pote, c’était sérieux, je l’écoutais. Avec lui, ça rentrait mieux. Ça m’a permis, chaque année, d’accrocher la moyenne.

Hugo, 18 ans

Bénévole depuis dix-huit ans dans l’équipe d’Épinal qui accompagne une soixantaine d’enfants et ados chaque année, Dominique a rencontré Hugo alors que ce dernier entrait en sixième.

C’est sa mère, Nathalie, qui, sur les conseils d’une connaissance, a demandé de l’aide au Secours Catholique. Séparée du père du garçon depuis les 2 ans de celui-ci, elle devait assurer seule le suivi de sa scolarité.

 « Hugo allait déjà chez l’orthophoniste. Il avait beaucoup de difficultés de compréhension et d’attention, se souvient-elle. Quand j’essayais de lui faire réviser ses leçons d’histoire, c’était catastrophique ».

Ces séances laborieuses ont marqué Hugo. « Je me cachais sous la table, je n’étais pas attentif. Ça durait deux heures au lieu de dix minutes. C’était la bataille. »

Une vie professionnelle avec des hauts et des bas, une grave dépression qui a récemment abouti à une reconnaissance d’invalidité… la mère d’Hugo, bien que très investie auprès de son fils, avait besoin d’un soutien.

Ancien cadre dans l’industrie, Dominique a apporté à l’adolescent une aide en maths et dans les matières techniques, à raison d’une heure chaque semaine, à domicile.

« Avec Dominique, ça a tout de suite collé, se souvient Nathalie. Pendant l’heure où il était là, le gamin restait concentré. Avoir un professeur pour lui tout seul, ça lui plaisait. »

Au début, Hugo levait le doigt pour répondre, comme en classe. « C’était pas un pote, c’était sérieux, je l’écoutais, raconte le jeune homme. Avec lui, ça rentrait mieux. Ça m’a permis, chaque année, d’accrocher la moyenne. Comme j’étais dissipé en classe, ça compensait. »

 

Une personne " en plus "

Entre le jeune homme et le bénévole, la relation n’est pas démonstrative. Mais le lien est là. Tous les deux s’animent à l’évocation de la magie, la passion d’Hugo, quand il était collégien.

« Avant de commencer la séance de travail, il aimait bien me faire quelques tours de cartes », se souvient Dominique. Hugo l’a même invité à une démonstration qu’il donnait avec son club.

Le bénévole est aussi venu dîner à la maison. Une personne " en plus " autour du couple mère-fils. « C’était important qu’Hugo aie de temps en temps une présence masculine à la maison », relève la maman.

Avec Dominique, le garçon prend aussi l’habitude de discuter de son avenir. « Je lui ai conseillé de se diriger vers un BTS commercial, explique le bénévole. Dans la vente, il y aura toujours de l’emploi ».

 

C’est ça, le but : que les jeunes que l’on accompagne puissent, un jour, se passer de nous.

Dominique, bénévole

Le lycéen a même effectué un stage de trois semaines dans son entreprise. « J’ai découvert qu’il avait de grandes qualités relationnelles. Mes collègues l’ont beaucoup apprécié ».

En BTS, Hugo s’accroche. S’il réussit, pourquoi ne pas continuer en licence ? La vente dans la mode ou les nouvelles technologies l’intéresse. Sinon, il passera peut-être le concours de la gendarmerie, car il aime le sport.

« On ne se rend pas forcément compte, sur le moment. Mais avec un peu de recul, je mesure que cet accompagnement a été une chance pour plus tard », reconnaît Hugo. Le jeune homme prend petit à petit son envol. Il a délaissé sa console de jeux, sort davantage avec ses amis.

« Dans la réussite d’Hugo, j’ai été le coup de pouce, conclut humblement Dominique. Il a progressivement gagné en maturité. C’est ça, le but : que les jeunes que l’on accompagne puissent, un jour, se passer de nous ».

 
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Clarisse Briot
Crédits photos : ©Christophe Hargoues /Secours Catholique
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