Les députés invités à venir rencontrer les migrants

Publié le 17/01/2018
France
 

Le projet de loi Asile et Immigration, prochainement présenté devant le Parlement, inquiète les associations. Celles-ci regrettent un projet déconnecté de la situation et des besoins.

Dans une lettre conjointe, la présidente du Secours Catholique, Véronique Fayet, et le président de la Fédération de l'Entraide protestante, Jean-Michel Hitter, invitent les députés à venir dans les structures d'accueil, rencontrer et écouter des personnes migrantes.

 

Lettre aux députés

Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique, et Jean-Michel Hitter, président de la Fédération de l'Entraide protestante, invitent les députés à venir dans les structures d'accueil, rencontrer et écouter des personnes migrantes.
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Migrants : l’accueil mis à mal

Présenté le 11 janvier aux associations, le projet de loi sur l’immigration inquiète les acteurs de terrain. Le Secours Catholique regrette un projet déconnecté de la situation et des besoins.

Déçus et inquiets. C’est ainsi que sont ressortis les responsables associatifs de leur réunion à Matignon, jeudi 11 janvier.

Le chef du gouvernement et plusieurs ministres les recevaient pour avoir leur avis quant au projet de loi sur l’immigration qui devrait être présenté en conseil des ministres en février. « Ce n’est pas une concertation mais juste une information », explique Laurent Giovannoni, responsable du droit des étrangers au Secours catholique.

Le projet de loi durcit davantage les conditions d’accès à l’asile, raccourcissant les délais de dépôt de dossier et de recours, et double la durée d’enfermement en centre de rétention.

« les vrais sujets ne sont pas abordés »

Par ailleurs, le projet de loi n’aborde aucun des « vrais sujets » sur lesquels il faudrait travailler, constatent les responsables associatifs :

les délais d’attente pour les premiers rendez-vous en préfecture, la révision de l’accord de Dublin - qui oblige les personnes à faire une demande d’asile dans le premier pays de l’Union européenne où elle a posé le pied-, l’impasse dans laquelle se trouvent des milliers de familles d’étrangers en situation irrégulière qui vivent en France depuis des années, l’accueil et la protection des personnes non éligibles au droit d’asile mais épuisées physiquement et psychologiquement par leur parcours migratoire (dont des mineurs et des jeunes majeurs). 

« Le gouvernement écoute mais refuse de prendre en compte les réalités de terrain. Il ne peut donc y apporter de réponse. La déception est forte, car il gâche une occasion de trouver des solutions concrètes à des problèmes que chacun reconnaît complexes et difficiles », regrette Laurent Giovannoni.

 

Le chiffre

90
C’est le nombre de jours prévus par le projet de loi sur l’immigration, durant lequel une personne pourra être enfermée en centre de rétention. Soit le double de la durée légale actuelle.

Une mesure inutile, selon Laurent Giovannoni, qui s’apparente à une privation punitive de liberté, puisque « l’on sait par expérience qu’une personne qui n’est pas expulsée au bout de 20 jours de rétention, ne le sera pas par la suite ».
 

La phrase

Accueillir est l’attitude première qui permet de transformer un événement qu’on ne maîtrise pas en événement qu’on accompagne : non pas en s’opposant, mais en fraternisant.

 Mgr Jacques Pontier, président de la Conférence épiscopale de France (CEF), le 10 janvier.

Lors de sa prise de parole, Mgr Pontier a rappelé qu’« une grande partie de la population française a expérimenté la rencontre avec les migrants. C’est une expérience humanisante qui nous fait grandir ».  Il a ensuite invité « non seulement le gouvernement, mais aussi tous les Français à plus de générosité ».
Benjamin Sèze
Crédits photos : ©Xavier Schwebel / Secours Catholique
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