Peuples autochtones : défendre leur droit à la terre

Publié le 16/04/2018
Peuples autochtones : défendre leur droit à la terre
 

Les peuples indigènes se voient régulièrement chassés de leurs territoires, les multinationales convoitant leurs ressources. De l'Amazonie à l'Asie, le Secours Catholique s’engage aux côtés de ces populations pour qu'elles puissent faire valoir leur droit à la terre.

 

« Les peuples autochtones ne peuvent être enlevés de force à leurs territoires (…) Ils ont le droit de contrôler les ressources qu’ils possèdent ». Onze ans après l’adoption par l’ONU de cette déclaration des droits des peuples autochtones, le pillage de leurs terres se poursuit à un rythme effrayant.

C’est une véritable course aux ressources naturelles (bois, minerais, sols) à laquelle se livrent des entreprises de l’agriculture intensive et de l’extractivisme avec la bénédiction des Etats.

« L’Amazonie est à titre d’exemple envahie par ce qu’on appelle une « République du soja » de 46 millions d’hectares, une catastrophe pour l’environnement en terme de déforestation ; et pour les peuples autochtones chassés. » explique Joël Da Costa, référent Amazonie pour le Secours Catholique.

ateliers de géolocalisation et cartographie

Or, « cet accaparement des terres ôte leurs moyens de subsistance. Défendre leur droit à la terre permet de ne pas les faire plonger dans la pauvreté et de respecter l’environnement, vu que ces communautés autochtones ont des savoirs traditionnels respectueux des écosystèmes » poursuit Sara Lickel, chargé de plaidoyer.

C’est pourquoi le Secours Catholique s’engage en Amazonie mais aussi en Asie (Vietnam, Birmanie, …).

A travers les projets de divers partenaires, l’association aide notamment les peuples à délimiter juridiquement leurs territoires : « des ateliers de géolocalisation et de cartographie permettent ainsi à ces populations de revendiquer leurs droits fonciers avec des documents précis après des autorités » note Joël Da Costa.

 

Au Bangladesh, « à plusieurs, on est plus fort »

Depuis deux ans, Caritas Bangladesh aide les Garos, des autochtones du nord du pays, à établir des relevés de terres et leur fournit une assistance juridique pour faire respecter leurs droits.
 
Fort de ce succès au niveau local, le projet vise désormais l’échelon régional : Caritas accompagne depuis peu une nouvelle association qui réunit une trentaine d’organisations de peuples autochtones du district de Mymensingh.
 
Avec « l’idée qu’à plusieurs, on est plus fort » souligne Fanny Delgutte, en charge du Bangladesh pour le Secours Catholique.
 

En Amazonie, sensibiliser les peuples dans des "écoles des droits de l'homme"

Luis Ventura, coordinateur de la thématique « peuples autochtones » du REPAM (Réseau Ecclésial Panamazonien)

 

Pourquoi le REPAM défend-il le droit à la terre des peuples indigènes ?

 

Le droit à la terre, ça n’est pas seulement le droit d’habiter quelque part. C’est aussi le droit d’accéder à l’eau, aux produits de la forêt, le droit de vivre avec la nature, d’utiliser des savoirs ancestraux… Tous ces droits sont bafoués aujourd’hui en Amazonie !

C’est pourquoi le REPAM tient à former les leaders autochtones au droit international à travers des « écoles des droits de l’homme » pour qu’ils puissent ensuite défendre eux-même leurs causes auprès des autorités ! Et demander des consultations préalables qui sont normalement obligatoires !

 

En quoi est-ce important de travailler en réseau, au-delà des frontières ?

 

Les peuples indigènes sont transfrontaliers en Amazonie, et les politiques économiques aussi ont des répercussions sur tout le territoire (un barrage, par exemple). Il nous faut dépasser les frontières!

Et travailler en réseau nous permet aussi d’agir dans une perspective internationale. Nous sommes en ce sens ravis que le Synode de l’Église 2019 porte sur l’Amazonie. Cela sera une occasion de faire entendre au monde les voix des peuples autochtones !

Céclie Leclerc-Laurent
Crédits photos : ©Xavier Schwebel / Secours Catholique, ©Elodie Perriot / Secours Catholique
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