Dans l'Ain, le père Parfait donne « le goût de l'Évangile à tous »

Publié le 21/12/2017
France
Dans l'Ain, le père Parfait donne « le goût de l'Évangile à tous »
 

Aumônier au Secours Catholique de l'Ain, le père Parfait, originaire de Brazzaville (Congo), veut développer la relecture spirituelle et permettre à tous, croyants comme non-croyants, chrétiens comme non-chrétiens, d’accéder à la sagesse et à la richesse des Évangiles.

« J’arrive des montagnes du diocèse, du froid. Ici, à Bourg-en-Bresse, avec le Secours Catholique, je retrouve le soleil. » De retour de sa messe matinale, le père Parfait Batekouahou embrasse Bénédicte, la déléguée du Secours Catholique, en entrant dans les locaux de la délégation.

Âgé de 40 ans, prêtre du diocèse de Brazzaville (Congo), il a été envoyé dans le diocèse de Belley-Ars en janvier 2015.

« Avec un confrère du pays arrivé il y a dix-sept ans, mon évêque voulait créer la Fraternité sacerdotale Cardinal-Émile-Biayenda. Le cardinal (1), considéré chez nous (officieusement) comme un saint, avait une grande dévotion pour le curé d'Ars. »

Le père Parfait, ainsi que tout le monde l'appelle, partage son temps entre deux missions. « Je suis curé d'une petite paroisse rurale de 4 000 habitants, à 47 km de Bourg. Mais le mardi et le mercredi, mes paroissiens savent que je suis entièrement disponible pour le Secours Catholique. »

Un peu perturbé à ses débuts par le départ de la déléguée qui l'avait accueilli, il s'est vite mis “dans le bain” de l’association.

 

Si certains sont gênés parce que non croyants, je leur montre que nous parlons d'une parole de sagesse, qui aide à vivre.

 le père Parfait Batekouahou, aumônier du Secours Catholique de l'Ain

La mission d'un aumônier diocésain du Secours Catholique est multiple. « Il faut établir le lien entre le Secours et l'évêque, les prêtres et les communautés, en relation avec les orientations du diocèse », explique-t-il. En binôme avec la déléguée, le père Parfait rencontre tous les prêtres du diocèse à l'occasion de leurs réunions de doyenné.

« Nous leur présentons le nouveau visage du Secours Catholique. Certains en avaient une image mitigée. Nous leur parlons notamment des migrants et expliquons que leur accueil relève de la responsabilité de tous. » La délégation est, de fait, très mobilisée, en particulier pour un groupe important de personnes venues de Calais.

Un autre aspect de son travail se joue au cœur du réseau du Secours Catholique. « Je mets en place une équipe d'animation spirituelle, précise-t-il. Nous sommes déjà un petit groupe. Je suis allé à la pêche lors de la journée portes ouvertes ! »

 

Temps de relecture spirituelle

Au sein du bureau bimensuel de l’association, comme avec les 23 équipes locales de l'Ain lorsqu’il les visite, le père Parfait anime des temps de relecture spirituelle.

« Je propose de réfléchir ensemble autour d'une page d’Évangile. Si certains sont gênés parce que non croyants, je leur montre que nous parlons d'une parole de sagesse, qui aide à vivre. » Le texte préféré du père Parfait est la parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 25-37).

« Ce récit me parle, dit-il simplement. Et j'apprends beaucoup à travers ce qu'en disent les personnes avec lesquelles je le lis. » Il utilise également L'Évangile entre toutes les mains, l'ouvrage du père Dominique Fontaine, aumônier national du Secours Catholique.

Sans jamais imposer, ni faire «  du catho-catho », l'aumônier s'applique à développer dans le département de l'Ain « le goût de l’Évangile même sans être croyant ». Certaines équipes sont maintenant en demande.

« En novembre, une équipe endeuillée par la perte d'une bénévole m'a invité pour animer un temps de prière. Ils ne voulaient pas une messe, mais un moment avec des signes chrétiens. Je sens que les choses bougent. » À terme, le père Parfait souhaite ne plus être le seul à animer ces moments spirituels.

 

Il ne s'agit pas seulement d'aider les pauvres, mais d'attaquer le mal à la racine.

 le père Parfait

Dans son village d'Izernore, son sourire comme son rire sont connus et appréciés. Un dimanche sur deux, il est invité à déjeuner dans une famille de paroissiens. « Les autres dimanches, je visite les malades et leur apporte la communion », relate le père, qui porte au cou la croix franciscaine, en référence à la Prière de saint François d'Assise qu'il chérit.

Pratiquant les arts martiaux, le père Parfait a dû arrêter après un accident sérieux. Il se contente du vélo en attendant l’autorisation de son médecin pour reprendre l’aïkido.

Le prêtre congolais envisage de poursuivre plus tard des études en France. Il s'intéresse particulièrement à la doctrine sociale de l’Église, aux questions de justice et de paix, ainsi qu'au développement intégral de l'être humain.

« Mon pays et mon Église ont besoin de personnes qualifiées dans ces domaines. Il ne s'agit pas seulement d'aider les pauvres, mais d'attaquer le mal à la racine, de travailler à la justice pour une révolution de la société. Tout cela sous un angle théologique. »

Mais pour le moment, “son Église” est celle de l'Ain et il en est très heureux.

Philippe Clanché
Crédits photos : ©Xavier Schwebel /Secours Catholique
Procession de Lourdes
Plus d'informations
Spiritualité
# sur le même thème