Journée mondiale des pauvres : donner toute la place

Publié le 13/11/2017
Journée mondiale des pauvres : donner toute la place
 

Dimanche 19 novembre a eu lieu la première Journée mondiale des pauvres, instituée par le Pape François. Elle est une invitation à donner aux personnes en précarité toute leur place au sein des communautés chrétiennes, pour une « Église pauvre pour les pauvres ».

Cette journée coïncidait avec la quête nationale au profit du Secours Catholique, qui fait de l’association des personnes en situation de pauvreté ou d'exclusion sa priorité.

Dans le diocèse de Tours, cette démarche « d’aller vers » les plus fragiles se construit progressivement, notamment à l'occasion du Festival Saint-Martin, chaque 11 novembre.

Des tables colorées ont été dressées pour accueillir les 400 convives dans la grande nef de l’église Saint-Julien de Tours. Pour la sixième année consécutive, le « repas partagé » du Festival Saint-Martin, « festival du partage », est un moment fort de la solidarité dans le diocèse.

Chacun s’est activé pour préparer le buffet, cuisiner les soupes, décorer les tables… Puis tout le monde s’attable. On fait passer les plats, on se sert mutuellement, on bavarde avec ses voisins, on reprend en choeur quelques chants.

« Cette journée est le symbole diocésain d’un temps de partage avec les plus pauvres, souligne Brigitte Bécart, déléguée épiscopale à la solidarité de Tours et ex présidente du Secours Catholique d’Indre-et-Loire.

« C’est d’autant plus important en cette année de Journée mondiale des pauvres. On montre que la rencontre est possible. Tout le diocèse participe : des lycéens, des Scouts, des jeunes de l’aumônerie, des paroissiens, des associations locales [dont le Secours Catholique], des sans-abris, des migrants… C’est un moment gratuit de chaleur partagée. »

 
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Dans le Morbihan
« S'accueillir mutuellement et avancer ensemble »
 

Fondatrice de « Comme à la maison », une association qui vient en aide aux victimes des violences de la prostitution et aux personnes à la rue, Véronique Verger, elle-même ancienne victime, participe tous les ans à cette journée fraternelle.

Elle en mesure la portée : « Les pauvres, j’en ai fait partie. J’étais très seule. Aujourd’hui, je vis toujours sous le seuil de pauvreté mais je suis riche de rencontres et de liens. » « Ici, je suis une bénévole comme tout le monde, ajoute-t-elle. Grâce à ma force de caractère, j’ai réussi à me faire une place ».

Cette place n’est en effet pas toujours naturellement accordée aux personnes en difficultés. Ainsi, à la grande célébration qui succède au repas partagé, Anne Fages, présidente du Secours Catholique d’Indre-et-Loire, se souvient qu’au début, « il n’y avait aucune place réservée à notre groupe dans la cathédrale ». Aujourd’hui, c’est le cas.

« Petit à petit, un changement de regard s’opère, constate la présidente. Il y a davantage de bienveillance. C’est un long chemin nécessaire, car il faut que l’Église soit pour tous ».

 

On est tous ensemble, on exprime ce que l’Évangile nous apporte et on y trouve du réconfort.

Jeannette, ambassadrice de la Fraternité Saint-Martin

Depuis le lancement de la démarche Diaconia à Lourdes, en 2013, qui invitait les communautés chrétiennes à donner place et parole en leur sein aux personnes les plus fragiles, le diocèse de Tours travaille à en insuffler l’esprit dans ses paroisses, notamment par des tables ouvertes mensuelles.

Dans sa paroisse, Jeannette, 72 ans, qui a travaillé dur comme calibreuse de fruits pour élever ses cinq enfants, a pu se sentir parfois « un peu exclue ». « Aujourd’hui, je me sens mieux », confie-t-elle.  Sa participation au groupe « Parole de lumière » du Secours Catholique n’est sans doute pas étrangère à cette évolution. L’association est motrice dans la participation des plus fragiles.

« On est tous ensemble, on exprime ce que l’Évangile nous apporte et on y trouve du réconfort », explique Jeannette. La retraitée est aussi membre de la Fraternité Saint-Martin, un réseau diocésain né de Diaconia. Il se réunit une fois par mois pour une journée entière, entre partage de la parole, témoignages de foi, repas et activités créatrices.

En tant qu’ambassadrice de ce réseau, Jeannette anime également une fraternité locale, dans son quartier, avec trois autres personnes. « En amont de nos rencontres, explique-t-elle, on réfléchit aux textes que l’on souhaite lire et aux jeux qui vont permettre de délier la parole.

 
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En Isère
« Une théologie du voisinage »
 

possibilité d'agir

Membre des deux groupes comme Jeannette, Dominique, 58 ans, participe à la préparation de temps spirituels. « J’ai été formée à Lourdes pour savoir comment partager l’Évangile via le mime ».

Depuis quatre ans, Dominique bataille pour joindre les deux bouts. Abîmée par des années de ménages, elle n’arrive plus à trouver d’emploi, et la retraite est encore loin. Ces espaces de fraternité et de spiritualité, tant au sein du Secours Catholique que du diocèse, lui offrent la possibilité d'être actrice.

« Ces groupes me permettent de sortir de chez moi, de faire des connaissances, de partager les soucis… souligne-t-elle. Préparer les rencontres, c’est valorisant, intéressant et c’est surtout un plaisir ».

Clarisse Briot
Crédits photos : © Elodie Perriot / Secours Catholique
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